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Ce
même taureau qui fut mis à mort plus de huit fois, et qui
cherchait constamment une issue pour fuir... Ce même taureau
à qui on a dû sectionner la moelle épinière à l’aide du descabello
(épée courte avec “butée” sur la lame qui permet de paralyser
le taureau s’il reste debout après l’estocade) afin de pouvoir
l’achever tranquillement... Une fois à terre, ce même taureau
à qui on a planté un poignard (puntilla) qu’on a vrillé dans
sa nuque sous ses hurlements de douleur. Je dédie enfin mon
film à cette Force de Vie qui a été traînée à terre hors de
la vue d’un public en pleine jouissance et qui, jusqu’au bout,
respirait encore. Repose en paix, mon beau. Vous trouverez
les images de son agonie sur le site du CRAC (www.anticorrida.com),
rubrique “La preuve par l’image” - corrida de Châteaurenard
: extraits 3, 4 et 5. Vous le verrez également dans Alinéa
3 [DVD disponible sur demande au CRAC], à chaque tercio, mais
aussi à la fin, dans un dernier hommage, lorsque son regard
a croisé le nôtre, à Delphine et à moi. » J’ai vu Jérôme récemment.
Il
m’a raconté le «taureau marron ». M’en a montré les images
qu’il a filmées. Depuis, elles me poursuivent. J’ai tenu à
ce que lui vous la rapporte, cette agonie, avec sa sensibilité
d’auteur. Je connais par cœur les arguments des aficionados,
toujours les mêmes, dégoulinants de mauvaise foi.
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Ils diront qu’il y a les « mauvais toreros », conviendront
du bout des lèvres de la « boucherie » de « cette corrida-là
», tout en la qualifiant d’exceptionnelle. Il
n’y a rien d’« exceptionnel » dans les cinq corridas qu’ont
vues Jérôme et Delphine Simon (secrétaire nationale et porte-parole
du CRAC). Car la souffrance et la mort d’un être vivant, humain
ou animal, ne peuvent en aucune façon être banalisées.
Luce Lapin
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