La corrida, un meurtre sans circontances attenuantes !
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L’agonie du taureau marron : la corrida, c’est ça !

Jérôme Lescure : « J’ai dédié mon film à tous ces êtres torturés que je ne peux oublier. Je le dédie aussi à ce taureau marron dont le regard a croisé mon objectif... Ce taureau qui, face à un matador “maladroit”, fut torturé pendant plus de trente-cinq minutes dans les arènes de Châteaurenard...
Ce même taureau qui fut mis à mort plus de huit fois, et qui cherchait constamment une issue pour fuir... Ce même taureau à qui on a dû sectionner la moelle épinière à l’aide du descabello (épée courte avec “butée” sur la lame qui permet de paralyser le taureau s’il reste debout après l’estocade) afin de pouvoir l’achever tranquillement... Une fois à terre, ce même taureau à qui on a planté un poignard (puntilla) qu’on a vrillé dans sa nuque sous ses hurlements de douleur. Je dédie enfin mon film à cette Force de Vie qui a été traînée à terre hors de la vue d’un public en pleine jouissance et qui, jusqu’au bout, respirait encore. Repose en paix, mon beau. Vous trouverez les images de son agonie sur le site du CRAC (www.anticorrida.com), rubrique “La preuve par l’image” - corrida de Châteaurenard : extraits 3, 4 et 5. Vous le verrez également dans Alinéa 3 [DVD disponible sur demande au CRAC], à chaque tercio, mais aussi à la fin, dans un dernier hommage, lorsque son regard a croisé le nôtre, à Delphine et à moi. » J’ai vu Jérôme récemment. Il m’a raconté le «taureau marron ». M’en a montré les images qu’il a filmées. Depuis, elles me poursuivent. J’ai tenu à ce que lui vous la rapporte, cette agonie, avec sa sensibilité d’auteur. Je connais par cœur les arguments des aficionados, toujours les mêmes, dégoulinants de mauvaise foi.

Ils diront qu’il y a les « mauvais toreros », conviendront du bout des lèvres de la « boucherie » de « cette corrida-là », tout en la qualifiant d’exceptionnelle. Il n’y a rien d’« exceptionnel » dans les cinq corridas qu’ont vues Jérôme et Delphine Simon (secrétaire nationale et porte-parole du CRAC). Car la souffrance et la mort d’un être vivant, humain ou animal, ne peuvent en aucune façon être banalisées.

Luce Lapin