Chez nous, au REFUGE DE BEAUREGARD, l’euthanasie
est plus que rarissime, seulement motivée par une maladie
incurable. Notre autorisation préfectorale est de 49 chiens
maximum. Nous devons par conséquent refuser chaque jour,
faute de place, de nombreux chiens abandonnés. On nous accuse
de fermer la porte aux animaux en danger, d’être comme Ponce
Pilate : nous laver les mains en laissant aux autres le
soin de faire le “sale boulot”. On nous accuse, de refuser
l’euthanasie pour gagner la sympathie du public qui ne cherche
pas à comprendre, ne veut surtout rien savoir pour surtout
ne pas souffrir ! Ne pas avoir de mort sur la conscience
! C’est laisser les municipalités s’occuper des fourrières,
confiées alors à des employés qui ne sont pas forcément
sensibles au monde animal et qui appliqueront la loi sans
état d’âme. Mais quel sera alors le destin de ces animaux
que nous sommes contraints de refuser, ne finiront ils pas
dans un laboratoire d’expérimentation ? En bref, faut-il
accepter tous les animaux abandonnés et les euthanasier
illico pour éviter d’autres souffrances ? Ne serait-ce pas
encourager les producteurs à vendre encore plus de chiens
? Pourquoi faudrait-il que ce soit à nous, défenseurs des
animaux d’avoir à faire cela ? Nous ne nous voyons pas choisir
la victime et devenir, par ce geste même, complice du bourreau
! Comment envoyer à la mort le chien ou le chat si doux,
que l’on caressait la veille, et auquel on avait donné un
nom. Nous savons que celui que nous avons refusé d’accueillir,
faute de place, est laissé à un destin incertain. Nous discutons
alors avec “l’abandonneur”, essayant de le faire patienter
en lui promettant de l’appeler dès qu’une place se libérera.
Il faut tout de même savoir, quand cas de danger pour l’animal,
nous envoyons au diable la loi et ses “49 chiens maximum”
et que nous trouvons une petite place pour le sauver. Il
nous est même arrivé de confier des chiens à des pensions
canines le temps d’avoir une place libérée. Nous ne faisons
pas office de fourrière, et n’avons par conséquent, pas
l’autorisation d’accueillir les animaux trouvés sur la voie
publique. Les animaux trouvés sont dirigés sur la fourrière
départementale. Après 8 jours, ils sont soit mis à l’adoption
(si la place le permet) soit euthanasiés.
Aidés par nos 1750 adhérents, 30 millions d’amis et notre
vétérinaire, nous préférons combattre en stérilisant et
stérilisant encore. Pour nous, C’EST LA SOLUTION. Éviter
les naissances pour éviter les malheureux. Notre rêve :
ouvrir un dispensaire, où les chiens et les chats pourraient
y être stérilisés et tatoués gratuitement pour que ne se
pose plus, qu’exceptionnellement le douloureux problème
de l’euthanasie. Nous qui nous penchons sur la misère animale,
vidons un océan de misère avec une petite cuillère. D’autres
sont déjà passés devant nous et repasseront derrière, l’ont
empli et le rempliront. Avec une louche !