“J’ai vu souvent, avec une sorte d’inquiétude infiniment triste, l âme des bêtes m’apparaître au fond de leur yeux ; l’âme d’un chat, l’âme d’un chien, l’âme d’un singe, aussi douloureuse pour un instant qu’une âme humaine, se révéler tout à coup dans un regard et chercher mon âme à moi, avec tendresse, supplication ou terreur... J’ai peut-être eu plus de pitié encore pour ces âmes des bêtes que pour celles de mes frères, parce qu’elles sont sans parole et incapables de sortir de leur demi-nuit, surtout parce qu’elles sont plus humbles et plus dédaignées.” Le livre de la pitié et de la mort -

Juillet 1891
Pierre Loti