POUR UN OUI, POUR UN NON...

 
 

Devoir de neutralité oblige, je n'irai pas ajouter mon grain de sel au concert ambiant déjà bien cacophonique ! En outre mon choix est fait... ce qui n'empêche pas le doute car les arguments des uns et des autres arrivent à se ressembler tout en s'opposant ! Paradoxe bien français, sans doute, où l'on aime bien se faire peur et s'étriper pour un oui, pour un non.

En revanche, on peut s'interroger, comme Luce Lapin de Charlie-Hebdo (mercredi 4 mai), pour faire le point sur les lois existantes en matière de protection animale (Trait d'Amsterdam de 1997) et sur les avancées éventuelles proposées dans la nouvelle Constitution qu'on nous demande de ratifier le 29 mai prochain.
En fait, comme chacun pourra le lire, et comme Luce Lapin le fait remarquer, la Constitution européenne reprend point par point le protocole annexe n° 33 du traité d'Amsterdam, sans y ajouter ou retrancher quoi que ce soit : à savoir : "l'union européenne tiendra compte des exigences du bien-être des animaux en tant qu'êtres sensibles" (c'est bien) mais (et tout est dans cette restriction) les pratiques en matière de rites religieux et culturels n'entrent pas en compte. Ainsi abattages à vif, tortures barbares et autres corridas ont encore de beaux jours devant eux...

Un exemple concret de ce que peut être -et ne peut pas- l'U.E. actuelle :
En juin 2002, les députés européens veulent supprimer l'expérimentation des produits cosmétiques sur des animaux -bien- Le commission européenne (l'exécutif) refuse l'interdiction de commercialiser des produits issus de cette expérimentation... Match nul- Les lapins et autres rongeurs continuent de souffrir par millions.
Alors faut-il désespérer de cette Europe, si impuissante à faire avancer la cause des "êtres sensibles" ? La prochaine -celle d'après le 29 mai- ferait-elle mieux que l'actuelle en la matière ? Et d'abord quelle Europe sortira des urnes ? Celle des "oui" serait-elle meilleure que celle des "non" pour la protection animale ? On peut en douter sauf que j'ai entendu qu'un million de signatures de citoyens européens pourraient dorénavant (si le OUI l'emporte) obliger le Parlement européen à rouvrir le dossier de la protection animale, par exemple... Et à 25 ou plus, c'est mathématique, on serait plus forts à mettre la pression...
Pour conclure, franchement, si je m'en tenais à la seule protection animale, je serais bien incapable de dire di l'Europe du "OUI" serait meilleure que celle du "NON". En revanche, je m'amuse parfois d'entendre -dans les médias- les tenants du oui et ceux du non se jeter à la face - comme une injure- le terme d'utopistes. Il faudrait savoir : je croyais naïvement que les utopistes (ou les rêveurs) espéraient toujours changer le monde, le rendre meilleur alors que leurs adversaires étaient les réalistes, les pragmatiques. Mais si tout le monde est utopiste, alors vive l'Europe des utopistes.... et à chacun son utopie... et que le meilleur gagne... et qu'on ne touche pas à mon utopie... etc... etc...
Monique Chevalier
Mai 2005