BICHE

LA LACHETE DES UNS, LA MISERE DES AUTRES.
Comment aurais-je pu imaginer, ce jour de Toussaint 1989, à ma première visite à Beauregard, que je te verrais et t’accompagnerais jusqu’à ce 11 Octobre 1999, où lassée d’une vie sans maître (malgré tout l’amour que nous te portions), tu tirerais ta révérence à ce monde impitoyable ?
D’ailleurs ce jour là, je ne t’avais pas remarquée dans le “grand enclos” d’alors, parmi tes compagnons d’infortune. Tu étais seulement une chienne abandonnée comme les autres, ni plus ni moins attirante, en tout cas pas plus chanceuse !
Au fil des visites, j’avaix constaté que tu avais la “hargne” de vivre... mais bien peu, hélas, l’art de la séduction, ma pauvre Biche !
Combien de changements, as-tu vécus, combien de péripéties, de faux espoirs, d’arrivées, de départs ? Mais ce n’était jamais pour toi... et tu es restée là.
Dix ans... que se passe-t-il dans la tête d’un chien qui ne s’exprime que par ses yeux et son corps de plus en plus souffrant ?
Allez c’est fini, ma vieille Biche, tu as rejoint mon “panthéon” personnel des obscurs, des victimes, des résignés. Pour moi, il vaut bien l’Autre : celui des Grands, tu sais, celui des Hommes qui ont parfois oublié leurs devoirs élémentaires de protection des faibles.
Salue de ma part “Là-Bas”, les copains que tu as retrouvés : Ténor, Ken, Doguy, Madame Pusson... et tous les autres.
Monique Chevalier.

 
             
             
             
           
             
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